L'ancien village de Luingne en 1382
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Au quatorzième siècle
Ce siècle se résume actuellement, en ce qui concerne nos notes d’histoire de Luingne, à l’évocation de rares événements politiques touchant directement notre région, à l’énumération de ventes ou d’achats de biens à Luingne, à la citation du nom de gens qui apparaissent dans une charte, une liste, un registre conservés dans des dépôts d’archives et, enfin, au rappel d’un squelettique « fait divers ».
2.1. Les événements politiques
Au début de ce siècle, la région prend position pour le comte de Flandre, Guy de Dampierre, contre le roi de France, Philippe IV le Bel. Il est plus que probable que nos concitoyens d’alors auront été souvent « mis au courant » de la brûlante atmosphère pesant sur les environs. Le 28 juillet 1328, Louis de Nevers, comte de Flandre, s’appuyant sur le roi de France, Philippe VI de Valois, exige merci et soumission des paroisses de la région dont Luingne et invite nos gens à obéir à son bailli de la châtellenie de Courtrai et à Josse de Hemsrode, son subordonné[xxi].En 1382, après la bataille de Westrozebeke, mille six cent trois rebelles, sous les ordres de Philippe Van Artevelde, révoltés contre Louis de Maele, comte de Flandre, voient leurs biens confisqués à Courtrai; parmi ceux-ci, quatre bourgeois forains habitant Luingne doivent attendre le bon vouloir des vainqueurs français pour recouvrer leurs biens perdus.
2.2. La vie féodale : seigneuries, fiefs et autres lieux
Le fief de la Bourgerie (actuelle ferme Renard) date probablement du début de ce quatorzième siècle[xxii]. En novembre 1329, apparition de Bernard de le Bare au fief des Haies[xxiii] et en janvier 1332 ce même Bernard de le Bare devient seigneur de Mouscron et de Luingne suite à ses acquisitions. Durant ce quatorzième siècle, le maladrerie gisant en la terre des Heyes est signalée, c’est une sorte de refuge pour malades contagieux rejetés de la société[xxiv].2.3. Des habitants de Luingne
Vers 1300 il est question de joncvrauwe Mergriete de Luinne dans le cartulaire Artevelde, 8.
En 1323, les comptes d’Ypres signalent monsingneur Michiel de Luignes[xxv]. Le register van de vierschaar de Courtrai contient les noms des habitants de Luingne suivants : Ansiel Graetharière en 1368 et 1372; Jhan Rossiel en 1369, Jakemine dou Rieu et Rogier dou Rieu en 1372[xxvi]. Le 20 septembre 1397 Pierart Braie de Luingne reçoit de Tiercelet de la Bare un fief de deux cents de terre situé à Dottignies en récompense pour services rendus[xxvii].En 1382, après la bataille perdue de Westrozebeke, on confisque les biens des Luingnois suivants, bourgeois forains de Courtrai : Jan Reinier, Roeger Reynier, Roeger van der Rieuwe et Gosins van der Steenbrugghe.
Pieraerd Cottine de Luingne est inscrit dans les « Comptes de la Châtellenie de Courtrai » du 3 décembre 1387 au 17 février 1389.
Cathelinen Pieraerd Merchiers dochtre est notée dans les comptes de la ville de Courtrai du 6 janvier 1394. Ces comptes donnent encore pour 1395-96 les noms de Peroen Brekenaels et Janen Gratarieren de Luingne.
Les comptes du bailli de Courtrai font mention de Pierre Samijn en 1395, de Sohier Malegheule en 1396, pour avoir emble le cheval du curé de Luigne, et de Francequin Sanin la même année.
Intéressant : le registre de bourgeoisie (Poorterslijst) de 1398 nous dévoile le nom de quatre-vingt-un bourgeois forains de Luingne. Dix autres sont inscrits dans la rubrique Dottignies ou Mouscron[xxviii].Notons encore qu’à la fin de ce quatorzième siècle Alard de le Borgherie, écuyer, est seigneur dudit lieu à Luingne.
2.4. Un fait divers
La pratique du jeu de dés et de berlenc, courante dans la région avait amené des habitudes néfastes de violence chez certains joueurs et avait dû aboutir probablement à plusieurs reprises à des issues mortelles. Cette coutume devenue dangereuse exaspéra le seigneur Tiercelet de le Bare qui, après avoir obtenu gain de cause dans un procès le 29 mai 1394, en fit supprimer l’usage entre autres en la ville de Luingne[xxix]