Des sources à consulter
Nous n’avons recueilli que peu de « notes pouvant servir à l’histoire de Luingne » concernant ce siècle. Beaucoup de documents existent qu’il reste à consulter dans divers dépôts d’archives. Claude Depauw en a relevé les titres et numéros de classement et les a consignés dans le tome V, fascicule 1, des « Mémoires de la Société d’Histoire de Mouscron et de la Région », 1983[xxxvii].4.2. La vie féodale[xxxviii]
Les de la Bare (orthographe à partir de ce siècle)[xxxix] poursuivent leur ascension sociale et matérielle qui atteindra son apogée en 1564 avec l’achat du fief de la Vellerie à Mouscron. Ils participent activement à la vie politique et militaire agitée de la Flandre et sont directement impliqués à partir de 1568 dans la guerre de religion qui mine notre région et qu’ils entreprennent dans les rangs catholiques de Philippe II, notre roi. Cette fidélité coûtera la prison puis la vie à Ferdinand, la prison, la rançon et très certainement une vie écourtée à Guilbert avec qui cette lignée s’éteint vers la fin de ce siècle.
4.3. L’église[xl]
Une église remplaçant un édifice sûrement plus modeste semble avoir été bâtie au milieu du quinzième ou au début du seizième siècle, ce serait celle démolie en 1848. Construite en pierres blanches sableuses très friables du Tournaisis, elle avait la forme d’une croix sans bas-côtés; son autel était adossé au mur de l’est qui était plat et sa tour carrée, massive et basse, couverte d’un toit bas à quatre versants, s’élevait au centre supportée par quatre piliers qui masquaient le choeur en grande partie.
En 1515, des sommes reçues de cette église sont versées à Nicaise Hanneron qui en rédige des quittances[xli]. En 1527 Symon Crampe en est le receveur. Mais déjà en 1566 elle subit des premières dégradations sérieuses, oeuvre des Gueux iconoclastes conduits par Josse Le Comte[xlii].
4.4. Changements de doyenné
En 1559, Philippe II avait ordonné une refonte de la géographie religieuse des Dix-Sept Provinces. De nouveaux diocèses et doyennés voient le jour. Luingne faisait partie jusque là du doyenné d’Helchin[xliii] dans le diocèse de Tournai. En 1589 ce diocèse sera pourvu de douze doyennés dont le dixième était celui de Tourcoing qui comprenait, outre le chef-lieu : Euregnies, Herseau, Linselle, Luigne, Mouscron, Neufville, Ronch, Mouveaux et Saint-Léger[xliv]. Peu de temps plus tard, en 1593, une nouvelle réadaptation s’opère : il ne subsiste plus que huit doyennés dans le diocèse de Tournai et le décanat de Tourcoing disparaît dans celui d’Helchin Wallon (sauf Mouveaux) contenant vingt-huit paroisses[xlv].
4.5. Les moulins
Le moulin de Tombrouck, à Luingne est construit durant ce siècle, avant 1526. Le hault moulin de Mouscron et sa vieze motte (vieille motte) n’est plus seul sur les hauteurs de ce hameau et l’on parlera désormais « des » moulins de Tombrouck, l’un sur Mouscron, l’autre sur Luingne. Un second moulin s’élève à Luingne en 1563, probablement à la Malcense[xlvi].
4.6. Une sentence de l’époque
Une dénommée Lamperousse, de Luingne, est citée comme témoin dans le procès de Péronne Potel, de Dottignies, une meschine des vaches (« servante des vaches », vachère) voleuse et incendiaire, condamnée le 8 avril 1554, à Courtrai, au bannissement du comté de Flandre pendant cinquante ans après avoir eu les cheveux brûlés avec une torche de paille et avoir été flagellée publiquement jusqu’au sang. C’est son jeune âge (seize ans environ) qui l’avait sauvée de la peine de mort[xlvii].