Luingne en 1814

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1. Plan de travail : répartition géographique

Pour ce recensement, le territoire de Luingne a été divisé en quatre sections :

- la "Section 1"[1], sans titre, comprend la place et les rues de la Liesse, R. Lagast, du Village, de la Montagne, Hocedez, Dassonville, du Crombion et Curiale jusqu’à la rue du Crombion;

- la "Section 2. Tombrouck" comprend les rues du Plavitout, R. Beaucarne, de Tombrouck, du Bréda, du Boeuf, du Chêne du Bus, la chaussée de Dottignies et la rue Curiale jusqu’à, et y compris, la cure;

- la "Section 3. Malcense" comprend les rues de la Bourgerie, de la Malcense, de la Barberie, d’En bas et d’En haut;

- la "Section 4. Des Haies" comprend les rues du Bornoville, de Drumes, la chaussée des Ballons, les rues Verte, de la Maladrerie, de la Broche de Fer et du Blanc Ballot.

2. La population

2.1. Les chiffres

donnés sont de    986 personnes de plus de douze ans et

                          304 enfants de douze ans et moins,

total :                  1290 habitants.

2.2. Répartition par section

La première section compte              358 habitants,

la section de Tombrouck                   475 habitants,

la section de la Malcense                  260 habitants,

la section des Haies                         188 habitants,

Total:                                               1281 habitants[2].

3. Les métiers

3.1. Luingne comptait

215 fileuses, 28 fileurs, 1 fileur de coton et 1 fileur de toile de lin;

92 tisserands, 2 tisserands de laine et 2 tisserandes;

76 laboureurs (indiqués comme tels dans le recensement) + 8 cultivatrices[3], 66 journaliers,

35 valets, 30 servantes et 2 vachers;

9 tailleurs d’habits et 5 couturières;

5 forgerons et 2 aides forgerons;

5 marchands de bière et 1 distributeur de bière;

3 cordonniers et 1 savetier;

3 scieurs, 2 charrons, 1 tourneur de bois, 1 menuisier et 1 tonnelier;

1 commerçant, 1 marchand de veaux, 1 marchand de grains;

1 marchand de lin, 1 marchand de toile de lin,

1 commerçant en fil,

1 marchand de sabots,

2 meuniers et 1 fabricant d’huile,

2 boulangers,

1 maçon,

1 barbier,

1 facteur, 1 garde champêtre;

1 curé, 1 vicaire et 1 clerc

Trois indigents et un innocent n’ont pas de métier.

3.2. Répartition des patrons cultivateurs (appelés ici "laboureurs")

Section 1 :             11 pour 358 habitants, soit 3%

Tombrouck :          42 pour 475 habitants, soit 8,8%

Malcense :            18 pour 260 habitants, soit 6,9%

Haies :      15 pour 188 habitants, soit 7,9%

La terre reste la grande nourricière de nos ancêtres mais le centre du village (section 1), autour de la place, accueille déjà un artisanat plus varié; le pourcentage des fermes y est bien moindre que dans les autres sections.

3.3. Autres constatations

Il n’y a que deux boulangers; les cultivateurs possèdent souvent leur fournil qui approvisionne le voisinage.

Le boulanger Hauwel, ou un aide, partait à pied vendre ses pains portés à dos dans un large sac de toile.

Il n’y a aucun boucher : on élève le bétail et la volaille chez beaucoup de particuliers, chaque année, on "tue le cochon" en fête; hormis le dimanche, la viande est rare sur les tables et souvent réservée aux hommes qui travaillent. D’ailleurs, l’abstinence du mercredi saint et du vendredi saint concerne les produits laitiers (lait, beurre, fromage) plus à la portée des fidèles.

L’artisanat textile est très développé, il occupe autant de bras que l’agriculture. La comparaison des deux branches le prouve.

Dans le textile, on trouve en effet :

245 fileuses et fileurs,

96 tisserands et tisserandes,

14 tailleurs d’habits et couturières,

1 marchand de toile de lin,

1 marchand de lin,

1 commerçant en fil:

358 personnes au moins travaillent dans le textile.

Dans l’agriculture :

225 cultivateurs et cultivatrices aidés de leur famille (voir note 3),

66 journaliers souvent employés dans les fermes,

65 valets et servantes généralement de ferme,

2 vachers,

2 meuniers,

1 fabriquant d’huile,

1 marchand de veaux,

1 marchand de grains;

363 personnes au maximum évoluent dans l’agriculture.

Puisque pour 256 habitations on compte 245 fileurs et fileuses, il ressort qu’il se trouve pratiquement un rouet en moyenne sous chaque toit. Le "car à filer" ou "car à babégner" faisaient partie du mobilier habituel d’une maison.

Trois maisons sur cinq (151 sur 256) abritaient une fileuse et presque toutes les jeunes filles qui n’étaient pas servantes ou filles de cultivateur actionnaient le rouet.

4. Les familles

284 foyers occupent 256 logis luingnois.

4.1. Nombre d’enfants par ménage

22 jeunes couples n’ont pas, ou pas encore d’enfant,

37 couples en ont un,

50 en ont deux,

53 en ont trois,

34 en ont quatre,

16 en ont cinq,

7 en ont six,

3 en ont sept,

2 en ont huit,

1 en a neuf.

La courbe est régulière et la relève humaine est assurée car 28% (63 sur 225) des familles se composent de plus de trois enfants vivants.

4.2. L’écart des âges dans les couples

27 ménages sont formés de conjoints du même âge (13%),

133 maris sont plus âgés que leur épouse (64%) et

48 épouses sont plus âgées que leur maris (23%).

- Chez les 133 maris plus âgés,

2 ont trente ans de plus que leur épouse,

4 ont vingt ans de plus,

7 ont entre quinze et dix-neuf ans de plus,

36 ont entre dix et quatorze ans de plus.

Ce total de 49 représente 23% des ménages, donc un homme marié sur quatre a au moins dix ans de plus que son épouse.

- Au total, il n’y a que quatre femmes qui ont dix ans de plus que leur époux.

4.3. L’âge de maternité des femmes

A moins de vingt ans, sept femmes ont accouché, ce qui ne représente que les 3,5% des mères (7 sur 198). On se mariait une fois la vingtaine bien sonnée.

Mais cinquante-cinq femmes enfantent encore après quarante ans (27% des mères), ce qui augmentait à coup sûr l’inquiétant taux élevé de mortalité chez les mères et les enfants.

5. Les patronymes et les prénoms

5.1. Les patronymes déjà rencontrés au recensement de 1695[4]

L’orthographe varie parfois quelque peu, exemple : CASTELAIN, CASTELEINS, CASTELIN.

5.2. Fréquence des patronymes

Luingne comptait :


44     SELOSSE

26     HAUWEL

18     CASTELAIN et 7 CASTELIN (=25)

23     MOULIN

20     DUJARDIN (écrits ici DUSARDIN)

14     DESBONNET et 5 DESBONNETS (=19)

14     DUQUENNE et 5 DUQUESNE (=19)

15     MERCIER et 3 MERCHIER (=18)

18     NYS et PREVOST

17     COURCELLE, FLORAIN et LEFEBVRE

16     DELCROIS, MALFAIT, NUTTIN et PARMENTIER

15     DELANNOY, LEPERS, NUTTEN (12) ou NUTTENS

         (3),

14     LEPERE, BOULANGE (13) ou BOULANGER (1)

13     DOUTRELUINGNE, HOSSEPIED, LAMBRETTE et  

          LEMAN,

8       DUBOIS et 4 DU BOIS (=12)

11     LETIENNE,

10     ALLARD, BONTE, DUPONT, POLLET, SALEMBIER et VIENNE.


 

5.3. Fréquence des prénoms féminins

Le prénom des quarante et une veuves n’étant pas mentionné, les totaux suivants ne sont donc que très relatifs.

On relève 50 Marie, 41 Marie-Anne, 11 Marie Josèphe, 10 Marie-Thérèse, 6 Marie Catherine, 4 Marie Christine, 4 Marie Aimée, 3 Marie Flore, 3 Marie Françoise, 3 Marie Louise, 1 Marie Jeanne, 1 Marie Antoinette, 1 Marie Agnès et 1 Marie Rose, soit 139 prénoms féminins contenant Marie en premier, 95 Catherine, 45 Rosalie, 34 Amélie, 16 Séraphine, 14 Florentine, 13 Augustine et Sophie, 12 Angélique, Caroline, Christine et Virginie, 11 Elisabeth, 10 Appoline et Julie, 8 Françoise et Constance, 7 Adélaïde, Albertine, Charlotte, Henriette et Isabelle, 6 Célestine, Félicité, Jeanne, Joséphine et Régine, 5 Thérèse, 4 Ernestine, Floribonne, Louise et Sabine, 3 Bernadine, Honorine, Mélanie et Pélagie, 2 Agnès, Amélie, Anastasie, Angélina, Anne-Marie, Barbe, Fidéline, Philippine et Suzanne, 1 Anne, Clara, Eléonore, Elise, Emilie, Euphrosine, Florence, Geneviève, Godelieve, Gudule, Hubertine, Judick, Lucie, Ludivine, Martine, Mérentine, Monique, Nathalie, Pétronille, Roseline, Rufine, Scholastique, Sylvie, Valérie et Victoria.

5.4. Fréquence des prénoms masculins

On trouve : 110 Jean-Baptiste (Tis’),

     95 Pierre (Pir) et 2 Pierre Louis (Pirlouis),

     77 François (Chô) et 1 François Xavier,

     72 Louis,

25 Jean Louis,

 

19 Jean François,

57 Jean ...

12 Jean

 

1 Jean Jacques

 

     16 Charles Louis (Charlouis)

     10 Charles,

     23 Joseph (Zèf),

     16 Jacques,

     15 Antoine (Twane),

     12 Henri (Inri),

     10 Eugène (Ujène), 9 Félicien, 8 Artus, 7 Martial,

     5 Alexandre (Zante),

     4 Amand, Ferdinand (Dinant), Fortuné,

     3 Aimable, Florentin, Isidore (Zidore), Philippe,

     2 Adrien, Alexis, Auguste (Gus), Constantin, Eloi, Etienne, Félix, Florimond, Julien, Léonard, Léopold (Pol), Maximilien (Miyin), Nicolas, Noël, Pascal, Simon, Théodore,

     1 Adel, Agathon, André, Appolinaire, Armand, Augustin, Benjamin, Bernard, Boniface, Casimir, Célestin, Edouard (Douard), Fidèle, Floris, Frédéric, Gabriel, Guillaume, Napoléon, Paul, Séraphin et Thomas.



[1]        Le texte est traduit du néerlandais.

[2]        Dans le texte photocopié de ce recensement, la composition des familles n°73 (1ère section) et n°136 (section de Tombrouck) n’apparaît pas.

[3]        Le laboureur était évidemment aidé dans ses travaux agricoles et d’élevage par sa femme, ses enfants et parfois par ses frères ou soeurs dont le métier n’est pas spécifié dans ce recensement. L’ensemble de ce personnel (les enfants étant considérés à partir de treize ans) s’élève à 141 personnes.

[4]        Les patronymes suivis d’un astérisque ont été rencontrés également en 1571 ou 1577 (Pennings Kohieren), ceux suivis de deux astérisques se retrouvent en outre comme bourgeois de Courtrai avant 1570.