L'ancien village de Luingne en 1694

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L’administration du village

La fiscalité est gérée par six gens de loi, le premier est qualifié de bourgmestre, le second est échevin et les quatre derniers s’appellent assieurs. Dès 1625 on parle de bourgmestre, mais à Luingne, jusqu’à présent, le premier dont on connaît le nom est Jean Fauvarcq qui tint ce titre de 1680 à 1690.

La loi de la seigneurie de Mouscron exerçant son pouvoir judiciaire sur une partie du territoire de Luingne était composé de cinq habitants de Mouscron et de deux de Luingne.

 

5.2. La vie féodale

En 1613 est rédigé un registre de rentes de la seigneurie du Bus[xlviii].

En 1627, les terres de la seigneurie de Mouscron dont une partie se situait à Luingne sont érigées en comté.

Il semblerait que les chenne du Buz étaient deux, l’un croissant sur un toucquet entre les seigneuries de Mouscron et de Nevele, l’autre at toujours esté planté au proche des bancq de ladite seigneurie du Buz[xlix].

 

5.3. Des gens de Luingne

Des bourgmestres[l], des échevins[li], des sergents[lii], des clercs[liii], des taverniers[liv] et même un vétérinaire[lv] sont connus durant ce siècle.

Les registres de l’audience des Archives départementales du Nord à Lille contiennent le nom des Luingnois suivants : Antoine Leman en 1612, Jacques Van Der Broucke en 1613, Michel Demarc en 1614, Pierre Descamps en 1619-1621, Jean Dessaulx en 1621, Jean Doutrelinge en 1627, Pasquier Quévron en 1641, Barthélemy Bekaert et Guillaume Laousse en 1647, Pierre Desbouvries en 1657[lvi].

 

5.4. Le nombre d’habitants

D’après les registres des baptêmes, en 1636 on comptait 527 confessions pascales à Luingne.

En 1694 le nombre s’élève à 450 communiants, avec peut-être 10 ou 12 de plus[lvii].

Un recensement de 1695 révèle une population totale de 535 habitants répartie en quatre catégories sociales : les meilleurs : 18%, les médiocres : 26%, les pauvres honteux : 31%, et les pauvres mendiants : 24% de cette population[lviii].

 

5.5. Les registres paroissiaux

Le curé Pierre Le Merchier commence la rédaction d’un registre de baptêmes en 1628. En 1631 il aborde celui des mariages mais s’arrête en 1632 pour reprendre en 1639 uniquement, ensuite ce sera le curé Jean Rys qui poursuivra pour 1647, puis régulièrement à partir de 1688. Quant aux décès, ils sont d’abord consignés en 1649, puis presque sans discontinuer à partir de 1695[lix].

5.6. La question linguistique, déjà...

A une personne qui demande aux échevins de la seigneurie de Saint-Pierre d’écrire en flamand, ceux-ci répondent le 6 juillet 1610 qu’ils continueront à écrire en wallon comme on at faict de tout temps immémorial en ceste court.[lx].

 

5.7. Les épidémies

La peste a été présente avec une acuité particulière dans la région entre 1635 et 1650 environ, ensuite vers 1690-1695.

En 1636 le curé de Luingne Pierre Le Merchier meurt probablement de cette maladie, son successeur Nicaise Descamps subit le même sort en 1646.

L’abri qui regroupe les malades atteints de ce redoutable fléau est la proie des flammes le 1 avril 1647 et l’incendie menace la ferme des Haies, voisine de cette « maladrerie ».

 

5.8. Les guerres de Louis XIV

Elles débutent pour Luingne de 1645 à 1648 par le va-et-vient de troupes françaises qui pillent, volent, rançonnent. Dès 1655 de nombreux pionniers (travailleurs obligatoire) de Luingne et des villages voisins sont envoyés à Condé, Harelbeke, Menin, Gand, Courtrai,... pour accomplir des travaux que nécessitent ces occupations militaires. Des « lignes » de fortifications reliant la Lys à l’Escaut passent par Luingne, au Plavitout, à partir de 1677 et seront tour à tour occupées et désertées par les différents belligérants; leur présence intempestive pèse lourdement sur les riverains qui n’en seront débarrassés définitivement qu’en 1695 et Luingne sera le village situé le long de ces retranchements qui aura le plus souffert des dévastations militaires[lxi].

 

5.9. La frontière franco-belge

Du 2 mai 1668 au 5 février 1679 Luingne est annexé à la France avec les châtellenies de Lille et de Courtrai, avec Tournai et le Tournaisis suite au traité d’Aix-la-Chapelle et jusqu’aux traités de Nimègue.

A partir du 17 septembre 1678 la châtellenie de Courtrai est rendue aux Pays-Bas autrichiens. Luingne devient de ce fait village frontière avec Wattrelos situé dans la châtellenie de Lille conservée par Louis XIV. Cette situation reste transitoire tout un temps car Luingne se trouve dans un territoire contesté à tentatives de réunion à la France et en 1689 une nouvelle occupation française avec contributions financières à payer à Lille durera plusieurs années.